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Les variants µ :
le chaînon manquant
de l'Ennéagramme
Configurations de la base 8 de l'Ennéagramme

Sommaire

Les variants de base en fonction du centre réprimé ont été introduits par Théodore Dobson et Kathy Hurlay pour les bases 3, 6 et 9, puis généralisés à toutes les bases par Patricia et Fabien Chabreuil. N’étant pas présents dans la tradition de l’Ennéagramme, ils sont absents de la majorité des livres et des formations. Depuis que nous les avons introduits dans notre pratique, il n’est plu envisageable de faire sans, du fait des difficultés et erreurs que nous avons compris a posteriori avec cette nouvelle notion. C’est la raison pour laquelle nous le qualifions de chaînon manquant de l’Ennéagramme. Avec lui, de nombreuses situations floues s’éclaircissent.

QUELQUE CHOSE SEMBLE MANQUER À LA VERSION CLASSIQUE DE L’ENNÉAGRAMME

La découverte de l’Ennéagramme pour quelqu’un qui se reconnaît vraiment dans une configuration a un effet sidérant : la boîte noire des principaux automatismes comportementaux s’éclaire. Ce n’est pas toujours agréable au premier abord, mais cela se révèle de plus en plus pertinent avec le temps.

Selon la tradition, ou l’hypothèse archétypale, une personnalité ne peut se construire que sur le point de fixation de l’une des neuf bases, et possède donc dans ses automatismes toutes les caractéristiques de cette base. Or, nous avons constaté, au fil des stages de formation, que certain(e)s participant(e)s peinent à se reconnaître, même en adaptant l’importance relative de la base principale et des bases annexes (ailes et directions) formant le pentagramme de la configuration.
L’effet sidérant n’a alors pas lieu, et les personnes concernées ne s’investissent pas dans ce que peut apporter le modèle.
Dans notre expérience, l’introduction des variants µ a quasiment fait disparaître ces situations, et permis de comprendre pourquoi, avant cela, la configuration de certaines personnes nous échappait.

Quelque chose manquait vraiment à l’Ennéagramme, et les variants µ des bases sont apparus comme le chaînon manquant qui donne une cohérence plus grande à l’ensemble.

HISTORIQUE DE L'ÉMERGENCE DES VARIANTS µ

Dans les premiers enseignements de l’Ennéagramme, la hiérarchie des centres (principal, support, réprimé) était considérée comme fixe pour chaque base, ou non prise en compte en lui attribuant peu d’importance. De même, le sens des flèches fixait la base alliée et l’ombre pour toute la base, ou considérait à partir d’observations que le sens des flèches importe peu, et que la base alliée pouvait être l’une ou l’autre des directions. Ce manque de précision, inhabituel dans un modèle par ailleurs si précis, laisse déjà transparaître qu’il pourrait bien lui manquer quelque chose pour améliorer sa justesse et sa fluidité.

Les recherches de Théodore Dobson & Kathy Hurlay (1) ont ouvert la porte, avec les bases 3, 6 et 9, à la notion de variants dans une même base. Les bases 3, 6 et 9 ont leur centre principal réprimé, un centre support qui est le plus actif, et le troisième qui est co-réprimé. Le centre principal réprimé est une constante de la base. En revanche, il reste deux possibilités de hiérarchie entre les deux autres centres. Les observations ont montré, notamment pour les bases 6, que certaines personnes semblent avoir le centre émotionnel en support et l’instinctif réprimé, et d’autres l’inverse. Il a évoqué dans un premier temps que cette organisation pourrait être déterminée par l’aile. L’aile 5 pour une base 6 mettant en avant l’émotionnel, et l’aile 7 l’instinctif.

La notion de variants µ se dessine complètement en France avec Patricia et Fabien Chabreuil (2). Leur constat est le même que celui décrit au paragraphe précédent. En réponse à ces situations insatisfaisantes, ils ont posé l’hypothèse de variants ayant un centre réprimé différent entraînant une inversion du sens des flèches dans le diagramme. Les observations avec cette nouvelle grille de lecture ayant été convaincantes, cet enrichissement du modèle de l’ennéagramme a été proposé.

LES CONFIGURATIONS ENNÉAGRAMME D’AUJOURD'HUI PEUVENT-ELLES ÊTRE DIFFÉRENTES DE CELLES D’HIER ?

La communauté de l’Ennéagramme a très peu réagi à cette proposition pourtant révolutionnaire. Deux raisons peuvent expliquer cela :
– La difficulté à remettre en cause ce que l’on maîtrise déjà pour enter dans un modèle plus complexe, difficile à maîtriser dans un premier temps.
– La croyance souvent associée à la spiritualité d’une vérité absolue et immuable qui est donnée à l’origine et qui doit absolument être préservée.

On peut penser que les variants µ ont été omis quand l’Ennéagramme des personnalités a été révélé il y a 2 000 ans, parce qu’ils n’apportaient pas grand-chose dans la vision spirituelle du modèle, ou qu’ils n’existaient pas et sont apparus depuis.
Un archétype peut-il évoluer ? Sur cette question l’opposition est frontale entre les spiritualités ancrées sur une vérité absolue, pour qui c’est non, et une vision systémique incluant les champs d’information pour qui c’est oui (3). Dans une approche systémique, en voyant les archétypes comme des modèles mathématiques d’auto-organisation, on peut tout à fait imaginer un « retournement » qui inverse les centres support et réprimé, et en même temps le sens des flèches entre les bases.
D’un point de vue pragmatique, peu importe si les variants µ ont toujours existé ou sont apparus au cours de l’histoire de l’humanité. L’essentiel est ce qu’ils nous apportent aujourd’hui.

L’IMPORTANCE DU CENTRE RÉPRIMÉ

Sans intégrer ces variants, Don Richard Riso & Russ Hudson proposent des triades en fonction du centre réprimé, définissant trois styles sociaux. 
– Centre émotionnel réprimé : style assertif/agressif/affirmé (qui s’oppose aux autres sans craindre leur réaction).
– Centre mental réprimé : style conformatif/conforme (qui va vers les autres et s’y adapte).
– Centre instinctif réprimé : style retiré/en retrait (qui s’écarte des autres et se replie dans son monde intérieur).

Ces styles sociaux correspondent aux trois groupes de personnalités définis par Karen Horney, on parle donc de triades hornéviennes, avec des comportements qui se reconnaissent dans les attitudes en public, indépendamment de la base Ennéagramme de la personne.
Dans une base, le centre réprimé est donc responsable d’une part notable des comportements.

☛ Voir l’article (à venir) : Les triades hornéviennes, une nouvelle clé de compréhension des personnalités avec l’Ennéagramme.

L’IMPORTANCE DES DIRECTIONS

Une caractéristique forte de l’Ennéagramme est de définir, en plus d’une base, une configuration complète avec notamment deux directions, décrivant les comportements dans les situations favorables (intégration) et défavorables (désintégration). C’est un aspect important de la personnalité, permettant à la fois de la reconnaître et de la comprendre.
Le sens des flèches sur le schéma de l’Ennéagramme, décrit quelle base s’exprime dans ses meilleurs aspects en processus d’intégration (base alliée) et laquelle se manifeste avec ses aspects dégradés en situation de désintégration (ombre). Selon le sens de ces flèches, pour une même base, les comportements en situation d’intégration et de désintégration sont différents.

ORIGINE ET CARACTÉRISTIQUES DES VARIANTS µ

Selon Fabien Chabreuil, une configuration Ennéagramme commence par une base, fixée avant la naissance, et qui apparaît sous la forme classique décrite par la tradition, avec une hiérarchie des centres prédéfinie. C’est la forme α, qui dans la majorité des cas demeure telle quelle.

Parfois, et de manière précoce, sous l’influence d’un contexte extérieur déstabilisant pour la personnalité en construction, il y a une bascule de hiérarchie entre le centre support et le centre réprimé. Le sens des flèches étant lié à la nature du centre réprimé des bases, il s’inverse en même temps. Il apparaît alors un variant µ, qui a la même fixation que la base initiale, et donc la même dynamique comportementale (compulsion, mécanisme de défense, passion, fixation mentale), le même centre principal avec la même orientation, la même émotion structurelle et le même mode de gestion de cette émotion. Seulement change la nature du centre réprimé et du centre support, et l’orientation des directions.

C’est un changement qui conserve les principales caractéristiques de la base, et cependant des variations suffisantes pour modifier certains comportements. Les personnalités en variant µ sont plus difficiles à reconnaître, vivent certaines problématiques différentes, et évoluent dans la voie psychologique par un autre chemin. L’évolution par la voie spirituelle (de la passion vers la vertu) reste le même.

☛ Pour plus de détail sur l’évolution par la voie psychologique et spirituelle : voir la page Évoluer avec l’Ennéagramme

PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES DES 9 VARIANTS µ

 Le tableau Descriptions des variants α et µ des bases de l’Ennéagramme  propose un descriptif des caractéristiques générales de chaque base et de ce qui différentie les deux variants.

INTÉGRATION ET DÉSINTÉGRATION DES VARIANTS µ et α

 Le tableau Intégration et désintégration des variants des bases 5 et 8 décrit les processus d’intégration (activation de la base alliée) et de désintégration (plongée dans son ombre) pour les bases 5 et 8 de l’Ennéagramme, à titre d’exemple.

L’EXEMPLE DE LA BASE 8

La forme classique de la base 8 (variant α), dans sa quête de pouvoir, développe une personnalité affirmée, inflexible, dure si cela est nécessaire pour arriver à ses fins, même avec ses proches. Cela est facilité par une faible sensibilité aux émotions des autres et le déni sur les siennes (émotionnel réprimé) et l’absence de culpabilité (mental non réprimé). Ce qui doit être fait passe avant tout. Même si le côté dur est généralement atténué chez les femmes 8α, par un conditionnement culturel, on retrouve en arrière-plan ces caractéristiques, plus ou moins adoucies.

Nous n’avons rencontré à ce jour que des femmes 8 µ. On retrouve au fond d’elles la même quête de pouvoir et le bon sens immédiat qui sait sans douter ce qu’il est juste de faire. Cependant, elles peinent à s’affirmer, être inflexible et dure si c’est nécessaire quand des personnes avec lesquelles elles ont un lien affectif sont concernées. Cela leur est difficile parce qu’elles sont au contact de leurs émotions et sensibles à celles des autres (émotionnel en centre support). Pour leur compliquer encore les choses, elles ressentent fortement la culpabilité (mental réprimé). La présence d’émotions et la forte attention aux autres, couplée à l’attitude protectrice et aux ressentis de culpabilité, fait davantage penser à une base 2 qu’à une base 8, si on ne considère que les variants α. Et il y a vraiment un risque de se tromper, et d’adopter un modèle de compréhension décalé par rapport à la réalité, et donc peu bénéfique pour le développement de soi.

Ces personnes reconnues en 8µ ont bien un fond de base 8, avec l’énergie, le bon sens, l’impatience et le besoin compulsif d’agir directement dès lors qu’elles sentent que cela est juste.

Cette nature profonde 8 sans l’insensibilité émotionnelle qui permet de la manifester crée une forte tension intérieure entre la pulsion de faire et le désir de préserver les autres, avec en plus la culpabilité si une action ou une non-action se sont révélées a posteriori inadéquates. Cette tension inconfortable à vivre fait que les personnes 8 µ vont plus facilement vers un chemin évolutif que celles qui sont en 8α.

PLACE DU VARIANT DE LA BASE DANS LA DÉTERMINATION DE LA CONFIGURATION

Place du variant de la base dans la détermination de la configuration

Du fait de son arrivée tardive dans la connaissance de l’Ennéagramme et pour éviter de bousculer les acquis, les variants quand ils sont intégrés sont positionnés en facteurs de variation comme les ailes ou les sous-types. Cela ne correspond ni à leur réalité chronologique dans la construction, ni à l’importance des modifications qu’ils apportent dans l’expression de la base.

Logiquement la détermination du variant est indissociable de celle de la base, parce que ne pas définir le variant peut conduire à se tromper de base et les modifications liées au variant sont probablement plus profondes que celles apportées par les sous-types et les ailes, qui arrivent plus tard.

RÉFÉRENCES

1. Théodore Dobson & Kathy Hurlay :
What’s my type – HarperOne, 1992
My best self – HarperOne, 1993 
Ces livres ne sont pas traduits en langue française.

2. Patricia et Fabien Chabreuil : Le grand livre de l’ennéagramme– Éd. Eyrolles, 1984

3. Ruppert Sheldrake dans la Mémoire de l’Univers a argumenté l’hypothèse de champs d’informations qui organisent les formes, avec des archétypes qui évoluent avec le temps. Cette notion associée à l’auto-organisation systémique est développée dans la Dynamique Triangulaire de la Vie.

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